Les coups de sang de Bielsa

 

Bielsa et sa glacière

Ses coups de sang, la grenade, l'étranglement et le doigt coupé Nous sommes en 1990, année du premier titre de champion de Bielsa à la tête des Newell's Old Boys de Rosario. Portrait d'un homme fascinant au travers de ses coup de sang !

Nous sommes à la veille du derby : Newell's Old Boys-Rosario Central. Marcelo Bielsa, 35 ans et toutes ses dents, vient discuter avec son défenseur Fernando Gamboa qui rapporte :

« C'était juste après la sieste. J'étais dans le couloir quand il est venu me voir. Je me souviens très bien que je jouais à Pacman quand il a commencé à me parler. Moi, je continuais à jouer. Lui m'a alors interrompu. « Regarde-moi, je te parle. Que serais tu prêt à faire pour remporter le Clasico ? » Moi : que je suis prêt à me jeter tête la première pour éviter un but. Et là, il me dit : « Plus, il faut donner plus. Là, il me montre sa main et me dit : si on m'assurait de la victoire, je pourrais me couper un doigt. » Je l'ai alors regardé. Mais il ne plaisantait pas. » Mon oeil.

Bielsa jeune

Marcelo joueur sous le maillot de Newell's
en 1972.

En février 1992, Marcelo Bielsa est l'entraîneur des Newell's Old Boys, son club de coeur, depuis deux années, et vient de mener l'équipe au titre de champion en 1990 et 1991.

Problème : les Newell's viennent d'en prendre une sévère dans les carreaux, en Copa Libertadores contre San Lorenzo (6-0), et l'addition a du mal à passer chez les supporters, qui débarquent par dizaines carrément... chez Marcelo Bielsa.


Les malheureux ! Furieux de les voir piétiner sa pelouse, suprême sacrilège, Bielsa sort de chez lui une grenade à la main, le doigt sur la goupille.


« Si vous ne dégagez pas, je vous fais voler en éclats ! » Très vite, la pelouse a retrouvé sa liberté.



Origine du surnom de Bielsa "El Loco"

Quelques mois plus tard, Bielsa et ses Newell's atteindront la finale de la Copa Libertadores, ne s'inclinant que lors de la séance des tirs au but face au Sao Paulo de Telé Santana. Mais il se dit que c'est depuis ce jour de février que Marcelo dit « la goupille » est définitivement devenu « El Loco ».

En 2012, Marcelo Bielsa conclut une première saison très convaincante à la tête de l'Athletic Bilbao, avec une place en finale de la Coupe du Roi et en finale de la Ligue Europa. De retour dans le Pays Basque après ses quelques jours de vacances (mais jamais beaucoup) en Argentine, « El Loco » découvre avec fureur que les travaux de rénovation du centre d'entraînement ont pris un sérieux retard. Toujours très zen, n'est-ce pas, il attrape le chef de chantier à la gorge et manque de l'étrangler ! Le lendemain, Bielsa se présente de lui même au poste de police, avant de déclarer :

« je suis responsable de tout ce qui s'est passé, mais il s'agissait d'une escroquerie, d'un vol et d'une tromperie. Effectuer la préparation d'avant saison dans de telles conditions me discrédite dans mon rôle d'entraîneur. Lorsqu'on planifie des travaux, on respect les dates. »
Non mais ! Avec cette attitude, il est fort possible que Bielsa mène l'OM vers la Champions League la saison prochaine !

(Source Libéro n°4)